Ταμείο αλληλεγγύης φυλακισμένων και διωκόμενων αγωνιστών
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Est-ce quelqu’un a parlé d’enlèvement ?

« Dans ce développement complexe et terrible qui a emporté l’époque des luttes de classes vers de nouvelles conditions, le prolétariat des pays industriels a complètement perdu l’affirmation de sa perspective autonome et, en dernière analyse, ses illusions, mais non son être. Il n’est pas supprimé. Il demeure irréductiblement existant dans l’aliénation intensifiée du capitalisme moderne : il est l’immense majorité des travailleurs qui ont perdu tout pouvoir sur l’emploi de leur vie, et qui, dès qu’ils le savent, se redéfinissent comme le prolétariat, le négatif à l’œuvre dans cette société. »

Guy Debord, in La Société du Spectacle

Depuis les années 90′, différentes personnes se sont exprimées sur la typologie post-moderne, revêtant à chaque fois un masque différent (parfois néo-libéral, parfois celui du « milieu politique modéré », parfois social-démocrate, parfois celui des idéologues de la tiédeur et d’un néo-gauchisme confus multiculturel qui mélange tout et parfois le masque « anti-autoritaire », nouveau mode de vie hippie), ruminant/se vantant sur l’idéologie de la fin de l’histoire : il n’existe plus de prolétariat, il n’y a pas de guerre de classe, nous pouvons enfin aller sans peur vers le Paradis du Marché où miel et lait coulent en abondance. Et les hamburgers et le ketchup aussi…

Malheureusement pour les apologistes de la légalité, les faits sont tenaces : une poignée de capitalistes a organisé un gang criminel et pris en otage des prolétaires demandant comme rançon leur force de travail, la commercialisation de l’activité humaine, leur temps (qui se transforme en argent), et jusqu’à l’entièreté même de leur existence. L’esclavage salarial est un crime permanent contre la dignité humaine. Pas seulement pour les « victimes » habituelles des « accidents » de travail de la guerre de classe. Pas seulement pour les morts, blessés et amputés des « accidents » de travail, mais aussi pour les maladies liées à l’environnement et l’espace du travail. Pas seulement pour les champs de fraises qui nous montrent que nous ne sommes jamais sortis de l’époque de l’esclavage. Pas seulement pour les travailleurs sacrifiés (locaux et immigrés, main d’œuvre « chère et bon marché ») à l’autel de chaque « rêve américain » ou « miracle grec ». C’est l’existence même du travail salarié qui constitue le crime permanent ! Et les criminels, les preneurs d’otages et les racketteurs sont tous les Mylonas. Même si les rats des médias présentent le chef des voleurs Mylonas (le patron du gang des voleurs communs de la Fédération des Industriels du Nord de la Grèce) comme une victime « innocente », comme un enfant chrétien néo-libéral mal-compris, comme un travailleur dur à la tâche, qui se donne jour et nuit pour le bien commun.

En ce qui concerne les malices illusionnistes qu’inventent différents rapaces comme Mylonas pour présenter leur « côté humain » (par exemple le capitalisme vert, l’industrie socialisée, etc.), on ne peut dire qu’une chose :

LA SATIRE À SES LIMITES…

Mylonas n’est rien d’autre que le cerveau d’un gang d’exploiteurs. Comme tous les capitalistes, lui aussi est un parasite : un poids sur la Terre et un obstacle pour les vents. Donc le couple Mylonas devrait cesser de jouer les vierges effarouchées.

« Ô gentilshommes, la vie est courte…

Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. »

W. Shakespeare, in Henry IV

La première tâche du prolétariat est la conscience de soi, de sa position et de son rôle. La conscience d’être une prostituée dans les mains des capitalistes, de produire la prospérité pour les patrons et la misère pour soi-même. La conscience de l’autre côté, qui produit l’entièreté de la vie matérielle de la société. Qu’il n’est rien mais PEUT ÊTRE TOUT.

La deuxième tâche du prolétariat est la négation de son rôle imposé, la négation du travail, la négation de l’aliénation.

La troisième tâche du prolétariat qui émerge naturellement des deux premières, est l’action révolutionnaire en vue de sa propre négation.

Seuls les sujets peuvent allumer les conditions objectives et causer l’explosion révolutionnaire de la destruction de la société de classe/autoritaire.

Extrait de « l’Art de la guerre », numéro 6 de la « Menace asymétrique » (en cours de publication…)

Malheureusement, dans le monde sauvage du capitalisme, les prolétaires ne font que blablater de leur bouffe de merde et ce qu’ils vont consommer.. La vie est devenue une survie nécrophile entre des cages de béton, voitures, panneaux de pub, caméras de surveillance et flics. La route de la survie est toute tracée : d’un camp de concentration à un autre. De l’école à l’université, de l’armée à l’esclavage salarial. Et là, le prolétaire croise les mêmes rues d’aliénation que le promeneur nocturne : travail, maison, centre commercial, travail. De la production à la consommation…

Derrière le rideau de fer de la prospérité virtuelle et de la misère spectaculaire gît une vérité inavouée : le miracle de l’Occident marche sur des cadavres. Pas seulement sur ceux du tiers-monde (bien que cette exploitation permanente soit le plus grand des crimes de l’histoire humaine) mais aussi sur ceux du tiers-monde de l’Ouest.

Derrière l’apparente ivresse de consommation se cache la pourriture d’une civilisation meurtrière. Mais de cette pourriture une possibilité jaillir, une possibilité que même les comités d’experts du système actuel, que même les certitudes bureaucratiques du bolchevisme, que même le déterminisme paléolithique des idéologies ne peuvent réprimer : l’entropie sociale, la révolution, la lutte permanente pour la destruction de l’État, de la propriété privée et du travail salarié.

Compagnons ! La vie est brève. Si nous vivons, c’est pour marcher sur les têtes des patrons et de leurs esclaves.

Pour l’anarchie et le communisme !

P.S. 1 : Dans le passé pas plus que maintenant, je ne parlerai pas dans mon discours public de questions relatives au Code Pénal. En outre, l' »innocence » et la « culpabilité » ne sont que de fausses distinctions qui ne concernent que l’arsenal légal de l’État.

La seule chose que j’aimerais dire à propos de l’affaire est que j’étais et je suis solidaire, en tant qu’anarchiste et ami, avec un homme dans l’illégalité et traqué, Vassilis Paleokostas. À partir de là, mon discours sera continuité de ma mise en détention préventive et non pas une lamentation en faveur de l' »innocence ».

P.S. 2 : Le soutien économique et légal c’est bien. Tout comme les voeux pour la liberté, mais la forme la plus forte de solidarité est la continuité de l’action révolutionnaire.

Liberté pour les compagnons G. Dimitrakis, G. Voutsis-Vougiatsis and V. Botzatzis.

Liberté pour les révolutionnaires de l’organisation révolutionnaire 17 Novembre.

Solidarité avec les 6 compagnons recherchés.

La révolution avant tout et toujours.

Polykarpos Georgiadis,

Prison de Ioannina,

01/09/2008